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ARTICLES :.
Education
et islamisme dans l'Egypte de Moubarak
Par
Masri Feki © Metula
News Agency
30 mars 2006
Le
23 février dernier, un congrès sur
la laïcité de l’Etat a été
organisé dans la capitale égyptienne,
à l’initiative de l’Organisation égyptienne
des Droits de l’Homme, pour débattre de la
question de la séparation entre la religion
et l’Etat. Le fait que le congrès ait eu
lieu au Caire témoigne des effets bénéfiques
de manifestations d’Egyptiens en Occident au cours
des trois dernières années, qui ont
notamment abouti à l’organisation du Symposium
de Washington sur la démocratie au Moyen-Orient.
Ce colloque s’est tenu en novembre 2005, sous l’égide
de l’Union des associations coptes de diaspora et
en présence de nombre d’intellectuels originaires
d’Egypte, de Syrie, de Tunisie, de Jordanie, d’Israël
et du Bahreïn, toutes confessions et toutes
tendances politiques confondues.
L’organisation
de ce congrès sur la laïcité
au Caire s’inscrit ainsi dans la continuité
d’une série d’initiatives appelant le régime
de Hosni Moubarak à entamer un programme
de réformes politiques et sociales plus concrètes
et en harmonie avec les attentes et les préoccupations
d’une large partie de la population égyptienne.
La participation à ce congrès du représentant
des Frères musulmans égyptiens – qui
constituent le premier mouvement d’opposition islamiste
dans le pays – aux côtés des plus conservateurs
des opposants coptes, a ouvert de nouvelles perspectives
de rapprochement entre les différentes factions
de l’opposition égyptienne, même si
le terrain d’entente demeure assez restreint.
Un
des sujets les plus brûlants évoqués
à l’occasion de ce débat national
est celui du système éducatif égyptien
qui constitue, selon les organisateurs du congrès,
un obstacle majeur à la sécularisation.
En effet, il est permis de penser que la politique
éducative du Caire, appliquée autant
dans les écoles publiques que privées,
oriente les jeunes Egyptiens vers le conservatisme
et la propagation de l’islam sunnite, religion officielle
de l’Etat en vertu de l’article 2 de la Constitution
égyptienne [1].
Le
système éducatif égyptien
Parmi
les dispositions de la constitution égyptienne
de 1971 relatives à l’enseignement religieux,
l’article 12 pose une obligation, non pas à
la charge de l’Etat, comme on pourrait l’imaginer,
mais de la société, qui « s’engage
à sauvegarder la morale » et à
« veiller au maintien du niveau élevé
de l’éducation religieuse. » L’article
19 érige l’éducation religieuse en
« matière principale dans les programmes
de l’enseignement général ».
Une disposition qui est complétée
par la loi numéro 139 sur l’enseignement,
qui précise, en son article 1er, le caractère
primordial de l’enseignement pré-universitaire
visant à « préparer un homme
égyptien croyant en Allah ». L’article
6 de cette loi, qui ajoute que « l’éducation
religieuse est une matière de base dans les
cycles d’enseignement », prévoit l’organisation
de « concours périodiques pour ceux
qui ont appris par cœur le Coran » et la distribution
de « bonus » et de « récompenses
» à ceux qui obtiennent les meilleurs
résultats au cours de ces joutes. Enfin,
l’article 16 réaffirme l’importance de l’éducation
religieuse au sein de l’éducation de base,
dont la durée est portée à
neuf ans aux termes de l’article 4.
L’enseignement
général égyptien conduisant
aux études universitaires se distingue de
l’enseignement technique ou professionnel. Il se
divise principalement en deux catégories,
dont la première est l’enseignement civil,
ou madani, dispensé par des écoles
soit gouvernementales, soit privées. Ces
écoles peuvent, indifféremment, être
nationales, fondées par les Egyptiens chrétiens,
ou étrangères, fondées par
des pays occidentaux comme la France, le Royaume-Uni
ou l’Allemagne, mais aujourd’hui soumises à
l’Etat égyptien, à l’exception de
celles où étudient les enfants du
corps diplomatique et celles établies en
accord avec un Etat étranger. Les écoles
privées égyptiennes, comme les écoles
publiques, suivent les programmes établis
ou approuvés par le gouvernement. La seconde
catégorie consiste en l’enseignement azharite
[2]
et est dispensé dans la célèbre
université islamique égyptienne ainsi
que dans ses nombreuses branches mais aussi dans
des écoles pré-universitaires, distinctes
des écoles civiles, ayant leurs propres programmes
approuvés par l’Azhar et le gouvernement.
L’enseignement pré-universitaires est gratuit
et ouvert aux seuls musulmans. Il insiste sur les
matières religieuses et sur la langue arabe.
Dans
les écoles civiles, la religion est enseignée
trois heures par semaine en cycle primaire sur un
total de 27 à 34 heures d’études,
et deux heures dans les cycles préparatoire
et secondaire sur un total de 34 à 39 heures.
Dans les écoles azharites, cet enseignement
est bien plus intensif : en sixième année
du primaire, 24 heures par semaine, sur un total
de 42 heures, sont dédiées à
la religion, et 13 heures sur 39 en troisième
année du cycle préparatoire.
Les
écoles égyptiennes civiles enseignent
la religion musulmane et la religion chrétienne,
selon des programmes officiels gouvernementaux.
Les parents ne peuvent pas dispenser leurs enfants
de l’enseignement religieux, ni même choisir
la religion de leurs enfants. Si un des parents
est musulman, les enfants sont considérés
obligatoirement comme musulmans et éduqués
selon cette religion, même en cas d’apostasie
(abandon de l’islam) des parents. En outre, il n’existe
aucune possibilité d’apprendre d’autres religions
que celles reconnues par l’Etat.
Comme
leurs collègues musulmans, les élèves
chrétiens sont tenus d’apprendre la religion
chrétienne selon un cours officiel, établi
par une commission nommée par le ministère
de l’éducation et de l’enseignement. La Commission
est composée principalement d’éléments
coptes orthodoxes, d’un expert catholique et d’un
expert protestant. Son rôle est d’établir
un manuel qui recense les normes acceptées
par toutes les communautés chrétiennes.
Cette intervention étatique, dont le but
avoué est de favoriser l’unité chrétienne,
a surtout pour effet de produire un corpus hétérogène
à la cohérence douteuse. Chaque école
chrétienne complète donc cet enseignement
religieux selon l’obédience confessionnelle
qui lui est propre. Pour les écoles catholiques,
un centre catéchistique au Caire prépare
des manuels spécifiques, distribués
en plus de ceux imposés par le gouvernement.
Enfin, les madares el-ahad [3],
qui se réunissent le vendredi soir (jour
férié en Egypte) se chargent de compléter
les connaissances religieuses des fidèles.
Dans
les écoles gouvernementales, l’enseignement
de la religion chrétienne est confié
à un professeur chrétien lorsqu’il
y en a un. A défaut, c’est un enseignant
musulman qui se charge de cet enseignement selon
le programme gouvernemental. Mais il arrive aussi
que certaines écoles mettent purement et
simplement l’élève chrétien
dans la classe de religion musulmane, ou même
l’envoie en récréation.
Bien
que différentes confessions soient parfois
représentées au sein d’un même
établissement, il n’y a jamais de réunions
œcuméniques. Les bibliothèques des
écoles gouvernementales ne contiennent pas
de livres religieux chrétiens. Le proviseur
est habilité à retirer un livre religieux
suspect. Cette imperméabilité à
la religion chrétienne contraste avec l’intégration
de l’enseignement religieux musulman dans les manuels
de langue arabe destinés aux chrétiens
autant qu’aux musulmans.
En
effet, l’enseignement religieux ne se limite pas
au cours de religion stricto sensu : il
déteint sur d’autres cours, et particulièrement
le cours de langue arabe. Bien que les chrétiens
d’Egypte représentent au moins 10 % de la
population, tous les auteurs des livres de langue
arabe sont musulmans. Souvent chargés de
l’enseignement religieux, les professeurs de langue
arabe doivent impérativement être diplômés
de la faculté des lettres d’une université
publique, de l’université d’Al-Azhar ou de
la faculté de Dar al-Ulum (qui dépend
de l’Université du Caire), ces deux dernières
étant interdites aux étudiants non-musulmans.
Parmi les rares chrétiens diplômés
de la faculté des lettres de l’université
publique, aucun n’est affecté à l’enseignement
de la langue arabe.
La
religion n’étant pas affaire privée,
ses manifestations extérieures sont de rigueur.
Chrétienne ou musulmane, toute école
doit avoir un lieu de prière pour les élèves
musulmans, sauf si des mosquées se trouvent
à proximité. Mais la réciproque
n’est pas vraie dans les écoles gouvernementales.
Selon certaines interprétations de l’islam,
le musulman doit s’abstenir de raser sa barbe et
ses moustaches. Sous le président Sadate,
le gouvernement sévissait déjà
contre les barbus, considérés alors
comme des éléments subversifs. Un
étudiant qui fait pousser une barbe est renvoyé
à la maison jusqu’à ce qu’il la rase
sous prétexte de propreté.
Les
écoles chrétiennes doivent aussi exiger
le port de l’uniforme, de même que les écoles
gouvernementales, mais ne s’aventurent pas à
s’opposer au port du voile afin de ne pas susciter
des réactions en chaîne.
Le
contenu des manuels d’enseignement
L’analyse
réalisée par le juriste palestinien
Sami Aldeeb [4]
de 54 manuels scolaires égyptiens pré-universitaires
relatifs à la lecture, la littérature
et la poésie arabes, l’éducation religieuse
islamique et l’éducation religieuse chrétienne
permet de dégager les enseignements suivants
:
1.)
Le contenu des manuels religieux musulmans
Les
manuels religieux musulmans, en plus d’une accentuation
dogmatique, incluent généralement
les domaines politique et social. Aucune mention
n’y est faite du christianisme, si ce n’est à
l’occasion d’attaques indirectes contre le dogme
chrétien de la Trinité.
En
matière de tolérance religieuse, ces
manuels sont conformes à l’enseignement musulman
qui autorise l’existence des religions monothéistes
et reconnaît les autres prophètes.
On y apprend que l’islam est la religion naturelle
dans laquelle chacun naît, mais également,
que certains parents détournent leur enfant
de l’islam en le faisant chrétien, juif ou
autre. L’islam est présenté comme
l’unique religion devant Dieu. Un texte dit que
le message de Mahomet a été nécessaire
pour convertir à l’islam les koffar
[5]
parmi les ahl kitab [6]
et les moushrikin [7].
Ceux qui ont mécru après avoir reçu
ce message sont les pires êtres de la création
; ceux qui ont cru et ont fait le bien, sont les
meilleurs.
Un
autre texte précise que ceux qui ne croient
pas à Mahomet et complotent contre lui seront
punis le jour de la résurrection. Les termes
koffar et moushrikin ne se limitent
pas aux adeptes des religions non-monothéistes,
mais englobent aussi, dans certains textes, les
chrétiens et les Juifs, qui relèvent
normalement du statut plus favorable de dhimmis.
Un texte sur le droit de la famille critique le
mariage mixte entre un musulman et une non-musulmane
et interdit tout mariage entre une musulmane et
un non-musulman.
Le
terme de djihad, guerre sainte, figure
dans de nombreux livres d’enseignement religieux
islamique. On y affirme que le musulman ne se soumet
pas à l’ennemi de sa foi et de sa religion,
qui sème le désordre dans sa patrie
et son pays. La parole du musulman doit être
toujours la plus haute. C’est pourquoi il lutte
jusqu’à la victoire, afin que la parole d’Allah
soit supérieure, et la parole des mécréants
inférieure. Difficile parfois de discerner
si c’est une guerre défensive ou offensive
qui vise à étendre l’islam à
l’ensemble du monde. Il n’est pas non plus facile
de se faire une idée claire sur les rapports
que le musulman doit entretenir avec l’Etat. Alors
même que le gouvernement établit les
manuels, certains éléments auraient
toutefois tendance à justifier une lutte
contre ce dernier.
2.)
Le contenu des manuels de langue arabe
Les
manuels de langue arabe, quant à eux, sont
fortement influencés par les préoccupations
religieuses. Dans l’introduction de l’un de ces
ouvrages, on peut lire par exemple que son but est
de « graver dans le cœur des élèves
les hautes valeurs qui approfondissent la foi en
Allah et en la religion » (implicitement la
religion musulmane). Ces livres comportent de nombreux
textes coraniques et récits du prophète
Mahomet mais pas un seul texte de l’Ancien ou du
Nouveau testament. Parfois même, des récits
bibliques qui se trouvent dans le Coran ne sont
enseignés que sous la forme coranique, qui
diffère sensiblement de celle de la Bible.
Les thèmes de ces ouvrages se rapportent
uniquement à la période postérieure
à la conquête musulmane de l’Egypte,
les périodes pharaonique ou copte chrétienne
étant complètement escamotées.
Dans
les cours de langue arabe, l’étudiant chrétien
est obligé d’apprendre et de réciter
des formules et des concepts purement islamiques.
Lors des récitations, chaque texte coranique
est précédé par la locution
: « Allah a dit… » Les questions reviennent
avec insistance : « Que dit Allah ? »
De nombreux textes s’efforcent d’inculquer aux étudiants
les vertus sociales et le comportement juste, mais
toujours à partir de textes islamiques, tirés
le plus souvent du Coran. L’islam a donc officiellement
le monopole de la vertu et des bonnes actions. Un
livre parmi d’autres apprend à tous les élèves,
sans distinction, comment échapper à
l’enfer : croire en Allah, prier, jeûner pendant
le ramadan et accomplir le pèlerinage à
la Mecque. Deux pages plus haut, il est dit qu’Allah
se venge des koffar… les mécréants.
Ceux qui ne croient pas au Coran doivent savoir
qu’ils n’échapperont pas à la sanction
divine.
3.)
Le contenu des manuels religieux chrétiens
Les
manuels chrétiens, souvent orientés
par l’adhésion à une foi régie
dans un cadre de religion d’Etat, intègrent
les valeurs propres à cette religion. Ces
manuels, aussi bien ceux établis par l’Etat
que par l’Institut catéchistique du Caire,
présentent les thèmes principaux du
christianisme sans concession à l’islam.
Ainsi, il est question de la Trinité, de
la divinité de Jésus, de sa crucifixion
et de sa résurrection, quatre thèmes
sur lesquels le Coran adopte une position différente.
Ni les livres catholiques ni les livres étatiques
n’abordent la question de la primauté de
Pierre, et seuls les premiers traitent du sacrement
de l’eucharistie.
Les
manuels de religion chrétienne ne font aucune
référence à la religion musulmane,
au Coran, à Mahomet ou aux musulmans, ni
en bien, ni en mal. On trouve parfois des références
aux Juifs. Un texte explique que les chrétiens
sont contre le fanatisme, contrairement aux Juifs,
aux anciens Grecs, aux Romains et aux Indiens. Il
explique que les exemples du fanatisme des Juifs
sont innombrables. Il cite le cas de Jonas qui,
voyant Ninive se convertir à Dieu, s’est
irrité, demandant la mort pour lui-même,
ne sachant pas que Dieu appartient à tout
le monde.
Les
athées font aussi l’objet d’attaques. Un
texte affirme que l’athée considère
l’homme comme un animal, le privant de ses principes,
de son idéalisme et de son espoir dans l'autre
vie. L’athéisme impose la loi de la jungle,
qui supprime la fraternité des hommes. Le
chrétien, cependant, doit se comporter avec
l’athée à partir du principe de l’amour
; il doit discuter avec lui sans véhémence
ou fanatisme et prier pour lui.
La
patrie, affirme un autre manuel, est la grande famille
pour laquelle il faut offrir notre fidélité,
notre effort, notre argent et notre sang. Mais les
guerres au nom de la religion sont rejetées.
On cite ici les guerres des croisades. Un autre
ouvrage affirme le principe « la religion
est pour Dieu, mais la patrie est pour tous. »
Les
rapports avec l’Etat se posent d’une manière
moins aiguë dans le christianisme, qui ne connaît
pas beaucoup de normes proprement juridiques. «
Obéir à Dieu et à ses commandements,
suivre les lois et les normes de la société
est un devoir pour garantir la sécurité
de l’individu et de la société »,
assure un manuel. Un livre interdit la facturation
d’intérêts dans les relations commerciales
mais ajoute que la fructification de l’argent dans
le commerce est permise. Prêter à l’Etat,
aux entreprises, est permis, car le but d’un tel
prêt est de servir le bien public, et ses
fruits profitent à l’Etat et aux citoyens.
Perspectives
d’avenir
Sans
vouloir préjuger de l’avenir de l’enseignement
religieux en Egypte, la vision exprimée dans
les manuels d’éducation plaide pour un accroissement
de l’islamisation. Ces livres, écrits par
des universitaires, servent de support dans les
facultés égyptiennes qui préparent
au métier d’enseignant. Leur but est d’orienter
toutes les disciplines en fonction du point de vue
religieux islamique, y compris les matières
scientifiques.
Le
problème majeur le plus urgent sur le plan
de l’enseignement religieux en Egypte reste celui
de l’existence de deux enseignements : l’enseignement
azharite et l’enseignement civil. Un professeur
égyptien a récemment proposé
d’unifier l’enseignement pré-universitaire,
tout au moins pour les jeunes de moins de 15 ans.
Ce dédoublement de l’enseignement crée
une schizophrénie au sein de la nation. Il
est cependant à craindre que la suppression
des écoles azharites favorise une recrudescence
de l’enseignement religieux dans les écoles
civiles.
Si
l’Egypte souffre aujourd'hui de la montée
du fanatisme religieux et des tensions à
l’intérieur de la communauté musulmane,
et entre les musulmans et les chrétiens,
elle le doit sans doute aussi à un système
éducatif où le religieux est injecté
à forte dose. Ce système est d’ailleurs
responsable de ce qui se passe en Algérie
où, après l’indépendance, des
enseignants égyptiens, notamment des azharites
au chômage, ont débarqué par
milliers pour y implanter le fanatisme religieux
dont on récolte aujourd’hui les fruits acides.
Si
l’Egypte veut retrouver la paix interne, elle doit
écarter la religion de ses programmes d’enseignement,
pour la remplacer par l’enseignement d’une éthique
commune, en laissant aux différentes communautés
le droit d’enseigner à leurs adeptes les
éléments de leur foi. Mais pour éviter
que l’enseignement extrascolaire ne devienne le
repère d’un fanatisme incontrôlable,
il doit garantir la liberté de pensée
et interdire tout recours à la violence.
L’essentiel
demeure bien de trouver un « vivre ensemble
» dans une société en mutation.
Les minorités religieuses égyptiennes,
à des degrés divers, ont joué
dans le passé et sont appelées dans
le futur à jouer un rôle déterminant.
Loin d’être les alliées de l’impérialisme
américain, leur « double appartenance
», d’une part, à la modernité
occidentale dans leur spécificité
protestante et d’autre part, au monde culturel arabophone,
leur permet d’être une force d’innovation.
Elles sont les catalyseurs de nouvelles expériences
de collaboration et de solidarité pour contribuer
à l’avènement d’une véritable
société civile en Egypte, qui privilégie
le développement et l’émancipation
de l’homme et de la femme, qui résiste aux
conservatismes et aux intégrismes sociaux
ou religieux, et qui vient combattre, dans la pratique,
l’idéologie pernicieuse du « choc des
civilisations. »
[1]
Selon l’article 2 de la Constitution de 1971,
modifiée en 1980 : « L’islam est
la religion de l’Etat dont la langue officielle
est l’arabe ; les principes de la charia
constituent la source principale de législation.
».
[2]
Dépendant de la Mosquée Al-Azhar,
qui constitue, à l’échelle internationale,
la première instance religieuse de l’islam
sunnite dans le monde et, à l’échelle
nationale, le représentant de la communauté
musulmane du pays (plus de 85% d’une population
de 79 millions d’habitants).
[3]
Ecoles du dimanche.
[4]
Sami Aldeeb, L’enseignement religieux en Egypte
et en Suisse, Lausanne, Institut suisse de
droit comparé, texte envoyé pour
le colloque du 4 mars 2000 organisé par
le Mouvement pour les Droits de l’Homme à
Beyrouth.
[5]
Pluriel du mot kaffer qui veut dire :
mécréant.
[6]
Gens du livre ; normalement pour désigner
les Juifs et les chrétiens.
[7]
Pluriel du mot moushrik qui veut dire
: polythéiste.
©
Metula News Agency
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