Par
Masri Feki © Résilience
TV
21 février 2007
Toujours
aucun signe de compromis dans la crise du nucléaire
iranien alors que le délai de 60 jours du Conseil
de sécurité des Nations unies expire ce
mercredi 21 février. Le négociateur iranien,
Ali Larijani s’est entretenu mardi 20 février
à Vienne avec le Directeur général
de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA)
Mohamed el-Baradei. Ce dernier doit remettre d’ici vendredi
son rapport dans lequel il confirme que Téhéran
poursuit son programme, ce qui risque d'entraîner
une aggravation des sanctions internationales. Le président
extrémiste iranien Mahmoud Ahmadinejad refuse
de mettre un terme aux activités d’enrichissement
d’uranium.
Si
la diplomatie iranienne prétend que son programme
est à caractère civil, aux yeux de la
communauté internationale, ce programme ne répond
pas uniquement à un souci d’approvisionnement
énergétique, mais à une marche
vers la possession de l’arme nucléaire. Les inspections
des agents de l’Agence internationale de l’énergie
atomique (AIEA) ont en effet implicitement démontré
l’existence d’un programme militaire clandestin. Le
21 février 2007, le Directeur général
de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA),
Mohamed el-Baradei, a affirmé au sujet du programme
nucléaire iranien que Téhéran avait
six mois pour atteindre des « capacités
industrielles » (militaires), selon l’agence iranienne
IRNA. L’acquisition par la République islamique
d’une arme nucléaire représenterait sans
doute un bouleversement régional et global dont
le risque ne doit pas être encouru.
Une
bombe iranienne renforcerait en effet les éléments
les plus radicaux en Iran, confortés par ce succès
majeur, et ouvrirait la voie à un Moyen-Orient
fortement nucléarisé et totalement imprévisible.
L’Arabie saoudite, l’Egypte, la Turquie et d’autres
pays de la région pourraient s’engouffrer dans
la brèche et revoir leur engagement de ne pas
acquérir l’arme nucléaire. La bombe iranienne
remettrait aussi en cause la fragilité d’un cercle
vertueux dans la région, mais encore probablement
– après la sortie de la Corée du Nord
du Traité de non-prolifération en 1993
– l’ensemble du régime de non-prolifération,
qui ne résisterait pas à un assaut de
cette envergure dans une partie du monde stratégiquement
sensible [1].
En
décembre 2006, les Etats membres du Conseil de
coopération du Golfe (CCG) [2]
ont annoncé, à l’issue de leur sommet
annuel tenu en Arabie saoudite, qu’ils envisageaient
un programme nucléaire civil commun. Un mois
plus tard, en janvier 2007, c’était au tour du
roi Abdallah II de Jordanie de déclarer dans
un entretien accordée au quotidien israélien
Ha’aretz que son pays se préparait à l’élaboration
d’un « programme nucléaire civil ».
De
son côté, le président yéménite
Ali Abdallah Saleh a fortement appuyé la décision
du Conseil de coopération du Golfe et souligné
le souhait de son pays de se doter aussi de «
l’énergie nucléaire à des fins
civiles ». Des projets analogues sont également
conçus par l’Egypte et ont été
confirmés en novembre 2006 lors de la dernière
visite du président égyptien Hosni Moubarak
à Moscou.
La
course au nucléaire, même civil, dans une
région aussi instable que le Moyen-Orient peut
être à l’origine d’une tragédie
sans précédent. Face aux nouveaux défis
d’un monde plus que jamais ébranlé par
l’insécurité chronique, la communauté
internationale est appelée à faire preuve
de plus de responsabilité.